• Chapitre 12

                Assis dans le canapé de son salon, Fang, le visage enfoui entre ses mains et coudes posés sur ses genoux se retenait à grande peine de ne pas craquer devant son échec. Il n’avait pas pu sauver son épouse. Actuellement, elle restait introuvable. Était-elle seulement encore en vie ? Il n’en savait rien et c’était sûrement à cause de ce fait qu’il n’arrivait pas encore à lâcher prise. Meng entra dans la maison de son employé et ami. Il se dirigea directement vers l’endroit où il était certain de le trouver.

                Arrivé à l’endroit, il resta un instant silencieux, attristé par la perte d’Aya. Il ne la connaissait pas vraiment, mais il en savait assez pour savoir toute la misère que cette jeune femme avait vécu. Il savait aussi que son ami avait tout fait pour lui offrir une vie bien meilleure. Pour Meng, Aya en serait toujours reconnaissante avec ce géant. Il en était certain. Il finit par rejoindre Fang et s’installa à ses côtés en silence. Après un instant, Fang redressa la tête, nullement surpris d’y trouver son chef. Prenant sur lui, il demanda :

    — Comment va Jian ?

    — Il s’est réveillé de son coma. Jiao ne le quitte plus. Les médecins disent qu’il est sorti d’affaire.

    — Je suis content de l’apprendre. C’est vraiment un petit bonhomme très courageux.

                Meng hocha la tête pour confirmer. Il observa son ami qui avait les yeux cernés.

    — Shan-Yu fait beaucoup de cauchemars si j’ai bien compris. Veux-tu de l’aide, mon ami ?

                Fang tenta de sourire pour rassurer Meng et secoua la tête.

    — Non, j’ai besoin de m’occuper de lui et il a besoin de ma présence. J’ai le jeune Syrus qui vient de temps à autre avec ses petits frères. Shan-Yu l’apprécie bien et dernièrement, je l’ai même entendu rire. Meng ? Est-ce que les recherches avancent ?

                Fang n’avait pas pu retenir sa voix d’être suppliante. Meng esquissa un léger sourire d’excuse.

    — Non, mon bon ami. Je suis vraiment désolé, mais nous ne trouvons aucune trace de ce clown ni d’Aya.

                Le géant leva les yeux vers le plafond ayant bien du mal à retenir ses larmes. Il n’aimait pas montrer sa faiblesse. Meng se tourna vers l’entrée où il était arrivé et se releva. Fang se tourna vers lui surpris.

    — Il y a une autre personne qui voudrait te voir. Je vais te laisser avec elle. Elle n’est pas du genre à montrer ses sentiments si facilement.

                Fang regarda son Chef avec un air surpris ne sachant pas de qui il pouvait parler, il le sut peu après en baissant son regard vers l’entrée du salon. Li attendait, sagement devant la porte, restant impassible comme il avait appris depuis son jeune âge. Meng passa près de son fils et lui posa une main tendre sur la tête avant de s’éclipser. Li hésita un instant de rejoindre le géant qu’il admirait depuis son jeune âge.

    — Vous vouliez me parler, Maître Li ? finir par demander Fang, ayant repris contenance.

                Li hésita un long moment, puis il pencha la tête, toujours avec son air sérieux.

    — Li. À partir de maintenant, appelle-moi simplement Li, Fang.

    — Pardon ? Mais, je ne peux pas me permettre. Vous êtes l’héritier.

    — Eh bien, ton futur chef t’ordonne de l’appeler par son prénom et puis arrête de discuter.

                Fang ne put s’empêcher de sourire face à l’attitude de son jeune maître. Il secoua la tête avant de céder.

    — À vos ordres, Maî… euh Li. Alors que me vaut votre visite, Li ?

                Les traits du jeune adolescent s’adoucirent aussitôt et un sourire léger s’afficha sur ses lèvres, surprenant le géant.

    — A-t-il besoin d’une raison pour rendre visite à un ami ? Bon, c’est vrai que je ne suis pas très aux normes dans ce genre de relation amicale, mais je pense que je ne me trompe pas.

                Fang observa un long moment l’adolescent avec stupeur, puis lui adressa un sourire franc.

    — Je suis très honoré que vous me considériez comme un ami, Li. Je suis flatté.

    — T’as tout intérêt à l’être, non, mais.

                Les deux hommes se mirent à rire. Fang se sentit un peu plus léger. Li reprit son sérieux.

    — Fang, tu devrais vraiment lâcher prise pour Shan-Yu. Nous allons tout faire pour retrouver Aya, mais tu ne dois pas te laisser aller. Nous avons besoin de toi. Surtout moi, j’avoue. Tu es la seule personne avec qui je peux m’épancher quand la charge est trop lourde, alors fait pareil. Décharge-toi en ma présence, je te soutiendrais comme je peux.

                Fang resta interdit un instant devant son jeune maître avant de sourire tristement.

    — Merci Li. Votre amitié m’est très précieuse et me réconforte plus que vous ne puissiez l’imaginer. Je savais que je ne serais pas capable de donner à Aya ce dont elle aurait besoin. Elle aurait été plus heureuse avec un homme plus ordinaire et où elle ne recevrait pas la jalousie des autres membres du clan. Elle n’était pas assez solide pour cette famille. Désolé, ce n’est pas très correct de dire cela.

                Li secoua la tête, nullement choquer par les paroles.

    — Non, tu as totalement raison, Fang. Tout le monde ne peut vivre dans notre famille. Il faut une certaine solidité pour survivre ici. Si tu es trop fragile, tu risques de te faire bouffer par les autres. On n’y peut rien. Nous avons beau tenté que tout le monde soit égal, c’est dans la nature humaine de jalouser ou de médire d’autrui. Mais, je remercie ta femme tout de même. Elle a été une des seules à accepter Qiang. Elle était aussi la seule à réussir à l’adoucir.

    — C’est vrai que cela m’a surpris à quel point ce petit remuant pouvait être très attentionné avec elle. Il a montré une nouvelle facette de sa personnalité qui a permis à beaucoup de l’apprécier alors que ce n’était pas gagné au début, renchérit Fang, avec un léger sourire. Comment va-t-il ?

                Li baissa le regard. Il n’avait jamais vu son frère aussi triste, même la mort de leur mère ne l’avait pas touché autant. Cette jeune femme, Aya, son frère l’avait vénéré à un point surprenant. Sa douceur avait touché le dur à cuir de la famille Bào, brisant sa carapace.

    — Il s’est fermé et je sens la rage bouillonnée en lui. J’ai peur de ce que ça va donner quand sa charge va céder d’un coup. Papa le fait surveiller au cas où, mais il est rusé. Il arrive à échapper à la surveillance.

                Fang baissa la tête sur ses mains serrées. Aya lui parlait parfois du jeune Qiang disant que si elle avait pu choisir sa famille, elle aurait pris le jeune maître comme petit frère. Elle se sentait sereine en sa présence. Fang soupira. Aya se sentait insignifiante. Elle ne s’était pas rendu compte qu’en réalité, des personnes l’aimaient beaucoup. Il tourna sa tête vers l’entrée du salin en entendant de petits pas. Un vrai sourire apparut sur ses lèvres en voyant apparaître leur fils. Celui-ci fonça sur son père dès qu’il le vit en levant ses petits bras pour être soulevé. Fang ne se fit pas prier. Il était la chaire de sa chaire. Il ferait n’importe quoi pour son fils.

    — Papa pleurait ? demanda le petit garçon, inquiet.

    — Non, je n’ai pas pleuré. Et toi, mon bébé ?

    — Pas bébé moi. Pas pleuré, moi grand.

                Fang et Li se mirent à rire sous les dires du petit malgré le petit mensonge, car il était évident que Shan-Yu avait bel et bien sangloté étant donné les yeux très rouges. Fang déposa un baiser sur la joue de son fils. Celui-ci se mit à rire, puis il força son père de le faire descendre. Il trotta alors vers Li.

    — Li veut bien lire une histoire à Shan-Yu ?

                Li cligna des yeux surpris. Il avait toujours pensé qu’il effrayait le garçon, car celui-ci se cachait toujours derrière son père quand il le voyait. Il resta silencieux, trop abasourdi.

    — Li n’veut pas ? demanda Shan-Yu avec une petite mine tristounette.

    — Oh si, je veux bien, répliqua aussitôt Li, ne voulant pas décevoir le petit garçon. Que veux-tu que je te lise ?

                Shan-Yu se mit à sauter de joie et tendit la main vers l’adolescent pour l’amener devant la bibliothèque et lui montrer sa lecture du moment. Li regarda le livre et se tourna vers le père.

    — Euh ? Ce n’est pas vraiment de la lecture de son âge, non ?

                Fang haussa les épaules, amusées.

    — Il n’aime pas les histoires pour enfant. Il veut des histoires plus matures. Mon fils est un sacré phénomène. En ce moment, comme tu peux le voir, c’est la géographie qui l’intéresse.

                Li baissa son regard vers le petit en attente. Il était impressionné, mais ça lui plaisait. Il s’installa sur le sol, croisant les jambes pour être à l’aise. Shan-Yu s’en demandait la permission, se positionna entre les jambes de l’adolescent qui ne broncha pas. Fang se mit à les regarder avec tendresse. « Aya, je te promets de toujours veiller sur notre fils, notre prunelle a tous les deux, afin qu’il ait une vie belle et sereine. »

                Fang se leva en silence et sortit du salon pour rejoindre l’extérieur. Il y retrouva son Maître qui discutait tranquillement avec le jardinier de la maison. Fang sourit. Meng ne faisait jamais de différence parmi ses employés. Il leur parlait tous de la même manière avec respect et gentillesse. Fang savait que les jours de fête, chaque petit employé recevait de cadeau pour chaque membre de leur famille, pareil quand il y avait une naissance. Meng se déplaçait pour saluer ce petit nouveau. Fang savait bien que ce genre d’attitude, toutes les grandes familles ne le faisaient pas comme la sienne par exemple. Les Wei fonctionnaient plus par la peur que par le respect. Fang était bien content de les avoir quittés sans remords.

    — Fang, tu vas revenir à la grande maison, dis ? demanda une petite voix féminine.

                Le géant baissa son regard sur la jolie petite poupée devant lui. Il ne l’avait pas entendu approcher. Elle avait de petits traits asiatiques, mais pas trop non plus. Elle avait hérité de la beauté de sa mère grecque. Cette petite s’était vite habituée dans son nouvel environnement et comme les enfants Bào dont elle faisait partie, elle semblait plus mature que les enfants de son âge. Elle affichait un joli sourire.

    — Bien le bonjour, mademoiselle Zinia. Vous êtes toujours aussi jolie.

                La petite fille se mit à rire et tendit les bras au géant. Celui-ci la souleva et la posa sur son épaule, faisant attention de ne pas froisser la robe. Elle se mit à rire.

    — Le monde est bien plus beau à cette hauteur, s’exclama-t-elle. Alors ? T’as pas répondu, Fang.

    — Oui, princesse. Je vais revenir auprès de vous.

                Zinia se mit à rire et se pencha pour déposer un baiser sur le front d’un Fang abasourdi. Comment ne pas fondre devant ce petit bout de femme ? Meng se mit à rire devant le spectacle.

    — Merci, Maître Meng pour votre soutien et votre amitié.

    — C’est moi qui te remercie, Fang. Tu as toujours été présent depuis que tu as accepté de m’accompagner. Ton aide et ton amitié infaillible m’ont permis de me dépasser et tu m’as aussi enseigné la patience. Et puis, mes enfants t’adorent. J’en suis presque jaloux.

                Fang se gratta la joue, mal à l’aise par les compliments. Zinia laissa échapper un petit cri offusqué qui allégea l’atmosphère en faisant rire les hommes présents.

    — Mais enfin papa, il n’faut pas être jaloux. Zinia a un grand cœur, elle aime tout le monde.


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  • Chapitre 13

                 Avec l’estomac noué, Khasan suivit à travers les couloirs de la prison où il devait retourner le temps que l’enquête sur son incarcération soit terminée. Plus il avançait, plus il avait envie de s’enfoncer sous terre, surtout quand les cellules finirent par apparaître dans son champ de vision. Il pouvait sentir le regard des détenus sur lui, il entendait également leur commentaire plus ou moins douteux. D’ailleurs, les prisonniers savaient l’effet de leurs paroles causées sur le jeune homme. La prison pouvait être grande, mais tout se savait assez rapidement. Alors certes, ils faisaient des allusions très sexuelles sur cet adolescent, mais certains avaient également un certain respect envers lui. Après tout, malgré le fait qu’il avait fini par perdre la bataille, ce jeune adolescent avait tout de même réussi l’exploit d’avoir tué et handicaper presque la moitié de ses attaquants.

                Le gardien, un homme grand et à la peau sombre, n’était autre que Darwin, finit par donner l’ordre de se taire que les détenus obéirent aussitôt. Aucun d’eux ne voulait subir la cellule isolée pendant une semaine. Alors, en rechignant, ils préférèrent obéir. Quand il finit par avoir enfin le silence voulu, Darwin hocha la tête satisfaite. Il posa une main rassurante sur l’épaule de l’adolescent silencieux à ses côtés. Il aurait aimé que ce garçon soit libéré définitivement, mais son dossier semblait bien épineux. Mais, le nouveau directeur de la prison lui avait promis de tout faire pour connaitre le fin mot de l’histoire.

                Darwin s’arrêta devant la nouvelle cellule du garçon. Il avait également changé de section. Il ouvrit la porte pour laisser entrer l’adolescent. Comme convenu, il ne se trouverait pas seul comme auparavant dans la minuscule pièce. Un autre homme s’y trouvait, assis sur le lit du bas, la tête baissée sur le sol comme s’il cherchait un moyen de disparaître. Khasan pénétra dans la pièce après une hésitation. Il se mit à observer l’homme qui avait fini par se tourner vers eux. Il ne savait pas comment définir l’homme face à lui. Sa grande stature, ses larges épaules rendaient déjà la pièce minuscule. Il avait la peau un peu plus mate que la sienne comme un bronzage léger et ses yeux profonds de couleur charbonneux avec un petit pointent de vert très léger. Khasan se demandait si cet homme était vraiment russe tellement il donnait une impression ensoleillée par rapport à tous les détenus pâles de peau par manque de soleil.

    — Urian voici Khasan. Il sera ton compagnon de cellule.

                L’homme se redressa en montrant une bonne taille. Quel âge devait-il avoir ? Pour Khasan, il le trouvait jeune sans l’être. Peut-être du fait de sa vie et du regard triste qu’il affichait en permanence. Il lui donna entre 20 à 25 ans, mais pas plus. Le détenu s’approcha de l’entrée et l’adolescent se fit un peu plus petit.

    — Est-ce que c’est le gamin dont tu m’as parlé, Darwin ?

                Khasan leva les yeux vers son compagnon de cellule. Celui-ci avait une voix grave, presque apaisante, contrastant violemment avec son physique.

    — Oui, c’est cela. Puis-je espérer que tu veilleras sur lui comme promis ?

    — Je tiens toujours mes promesses, Darwin. Quand il sortira d’ici, il aura les armes qu’il faut pour survivre sans être obligé de s’abaisser face à autrui.

                Urian baissa les yeux vers le gamin qui même s’il avait déjà une bonne taille ne lui arrivait qu’à l’épaule. Il croisa le regard bleu froid. Il l’apprécia d’emblée. Il sentait que ce garçon avait connu une sorte d’enfer déjà pour son âge et son agression au lieu de l’anéantir l’avait renforcé encore plus. Il tendit la main à l’adolescent qui le regarda surpris sur le moment, mais accepta de la serrer.

    — Écoute gamin, puisque nous allons devoir nous côtoyer pendant un long moment, autant partir sur de bonne base. La seule règle est la confiance. Tant que tu es réglo avec moi, je le serais avec toi.

    — Pas de problème répondit Khasan, après un moment d’hésitation.

                Urian se tourna vers le gardien qui lui tendit un dossier. Il le prit et l’ouvrit. Khasan remarqua une certaine émotion passée dans le regard de son compagnon de cellule.

    — C’est la vieille dame de votre immeuble qui me l’a remis. Votre appartement a été complètement vidé. J’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé. En fait, c’est limite comme si vous n’aviez jamais existé dans cette ville, même le bar où tu travaillais a fermé.

    — Eh bien, si on voulait me faire disparaître, c’est réussi même si ça avait été plus simple de m’abattre.

    — Ce n’est peut-être pas l’envie qui leur manque, mais tu es sûrement un bon appât surtout si tu as raison sur la disparation de Ran. Quant à Irbek, j’ai parlé avec ceux qui ont assisté à la scène. Ils disent tous qu’on lui a tiré dessus et qu’il s’est écroulé sous les yeux de son fils qui se faisait enlever. Mais, je n’ai trouvé aucun document prouvant sa mort ni son corps d’ailleurs.

                Urian resta un instant silencieux pour digérer toutes ses nouvelles. Sa raison dans cette prison avait été tellement bien orchestrée. Il soupira. Il se doutait qu’il passerait sûrement sa vie entière dans cette prison. Il eut un sourire désabusé. Il avait toujours su que sa vie heureuse avec Ran et son père ne durerait pas éternellement. Il en avait la preuve. Mais, il ne se laisserait pas abattre. Jamais. Il retourna auprès de son lit et sortit une photo qu’il accrocha au mur, représentant un petit garçon d’origine japonaise, semble-t-il, riant à gorge déployée.

                Darwin referma la porte de la cellule. Il ne pouvait pas rester plus longtemps. Sans rien dire de plus, il repartit en sens inverse. Khasan hésita un instant avant de s’approcher. Il jeta un coup d’œil à la photo intrigué, mais n’osa rien demander.

    — Il se nomme Ran. C’est un gamin qui m’a sorti de la rue et qui m’a remis sur les rails par sa présence et sa confiance infaillible. Il est russo-japonais, mais il tient plus de sa mère apparemment.

    — Que lui est-il arrivé ?

    — Sa famille japonaise est un clan important chez les yakuzas. Ils sont simplement venus le récupérer sans état d’âme.

                Urian haussa les épaules. Il n’en savait pas plus. Irbek ne s’était pas étalé sur la mère de Ran.

    — Et votre présence ici est liée ?

    — Si seulement je le savais. Je sortais de mon travail quand j’ai été arrêté pour le meurtre d’un politicien dont je ne connais ni d’Eve ni d’Adam.

    — Donc en gros, vous avez été accusé d’un crime dont vous n’êtes pas responsable. Et combien vous avez pris ?

    — Perpétuité, il me semble. Je n’ai pas vraiment écouté ma sentence faut dire, j’étais un peu dans le chou après avoir reçu plusieurs décharges électriques sur mon corps mouillé. Pas très agréable, ma foi. Mais, ils n’ont pas eu ce qu’ils désiraient : que je m’abaisse à avouer ce crime que je n’ai point commis.

                Khasan resta bouche bée. Son père lui avait montré une fois cette torture et toutes les personnes finissaient folles et avouées pour que ça s’arrête. Alors que l’homme en parlait comme si c’était anodin. Urian leva les yeux vers l’adolescent avec un sourire, amusé.

    — Khasan, tout le temps que tu seras ici, on va bien s’amuser tous les deux et je vais surtout faire en sorte que tu puisses sortir la tête haute.

    — Je compte sur toi, Urian. Mais euh… de quelle manière ?

                Urian émit un petit rire. Darwin lui avait appris que le garçon avait subi le viol collectif. Imaginer la souffrance du gamin lui avait donné des envies de meurtres, mais il semblait que le gosse s’était bien battu et que certains de ses agresseurs en avaient subi les frais. Urian était fier de ce gamin.

    — Je suppose que par rapport à ce que tu as subi, le contact t’insupporte alors je vais t’apprendre une technique afin de le refiler à d’autre ce mal être. Bon, tu risques fort de te faire frapper ensuite, mais ça te permettra d’encaisser encore mieux et même d’améliorer ton agilité pour éviter les coups.

                Fortement intrigué, Khasan demanda :

    — Et quelle est cette technique qui va me faire prendre des raclées ?

    — Le tripotage de fesses, s’exclama Urian, en riant. C’est putain agréable de foutre sa main sur les fesses de mecs conservateurs juste pour les faire chier. Tu remarqueras vite que certains coincés apprécient fort bien même s’ils disent le contraire.

                Khasan regarda l’homme avec de grands yeux hallucinés. Il était choqué sur le moment, mais ensuite, il se mit à rire. Après tout, si cela pouvait l’aider d’une certaine façon et puis dans un sens, ce n’était pas méchant, juste un jeu. Il hocha la tête.

    — D’accord, c’est une façon comme une autre de passer le temps. Après tout, on peut vite s’ennuyer dans cette prison.

    — Tu as tout compris, Khasan. Nous allons devenir les petits démons facétieux de cette prison.

                Khasan vit son nouvel ami regarder en direction de la photo. Il se mordit la lèvre, puis il osa demander.

    — Si cela peut te soulager un peu, tu pourras me parler de lui autant de fois que tu voudras.

                Urian se tourna à nouveau sur son compagnon de cellule et lui adressa un sourire franc.

    — Je risque fort de te souler avec toutes les anecdotes que j’ai avec ce loustic. Mais, je le ferais sans faute et tu pourras faire pareil en me parlant de ta vie jusqu’à maintenant. Ça nous permettra de forger notre confiance mutuelle. Qu’en dis-tu ?

    — J’accepte volontiers ce deal. Bon alors, comment ça fonctionne ton tripotage ?


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